Jeu, set et match! Cela fait longtemps que Thomas Edison (Alex Lutz) n’a plus gagné. Il a 37 ans, est physiquement usé, mais ne peut néanmoins se résoudre à raccrocher. Alors même qu’il avait promis à sa femme d’arrêter, il rêve d’un ultime Roland-Garros, là où il avait jadis atteint la demi-finale, persuadé malgré un genou chancelant et une 245e place au niveau mondial de pouvoir passer les qualifications. Deuxième long métrage de Quentin Reynaud après Paris-Willouby, 5e Set est un film de sport, de tennis, mais aussi une plongée dans la psyché d’un homme prêt à tout sacrifier pour sa passion. Lorsqu’il avait 17 ans, Thomas était promis à un avenir brillant, comme Damien Thosso aujourd’hui, ce jeune joueur volontiers arrogant qui l’obsède.

Début octobre 2020, alors que les 119es Internationaux de France se déroulaient exceptionnellement en automne avec des mesures sanitaires strictes, Quentin Reynaud présentait 5e Set au Zurich Film Festival. «Il y a dans cette édition, avec l’absence de spectateurs, quelque chose qui tient du théâtre antique, s’enthousiasmait-il. Ce tournoi a quelque chose de fascinant.» Au moment de notre rencontre, il n’y avait plus de joueuse ou de joueur français en lice: «Il y a chez nous un vrai problème de politique sportive. Vous les Suisses, vous avez beaucoup de chance d’avoir eu en même temps Federer et Stan. Ce qui se passe chez nous, à l’inverse, n’est pas compréhensible.»