Harcèlement

Quentin Tarantino reconnaît qu'il «savait» pour Harvey Weinstein

«J'en savais suffisamment pour réagir plus que ce que j'ai fait», a reconnu le réalisateur dans les pages du «New York Times». Après Londres et New York, Harvey Weinstein est visé par une troisième enquête, ouverte jeudi à Los Angeles à la suite de nouvelles accusations

Quand l’affaire a éclaté, il avait parlé de «révélations»: le réalisateur Quentin Tarantino, grand ami de Harvey Weinstein, a reconnu avoir été au courant depuis de longues années des agissements du producteur, accusé de harcèlement sexuel et de viols par près de 40 actrices.

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La réaction de Tarantino, un des metteurs en scène les plus renommés de Hollywood et un des plus proches de Weinstein, était fortement attendue. «J’en savais suffisamment pour réagir plus que ce que j’ai fait», a reconnu le réalisateur multi-oscarisé de 54 ans, dans une interview publiée par le New York Times jeudi. «C’était plus que les rumeurs habituelles, les ragots. Ce n’était pas des on-dit. Je savais qu’il avait fait plusieurs de ces choses», a-t-il également admis.

A la mi-octobre, après les premières accusations portées contre Harvey Weinstein, le lauréat de la Palme d'or 1994 pour Pulp Fiction avait réagi par un court message sur Twitter en parlant des «révélations qui ont émergé». Il s’était également dit «abasourdi, le cœur brisé».

Un duo couronné de succès

Dans son interview au New York Times, Tarantino explique pourtant que Mira Sorvino, son ancienne compagne, lui a notamment fait part d’attouchements non consentis de la part de Harvey Weinstein. Le réalisateur, de son propre aveu, a «mis de côté» cet épisode, qui n’était pourtant pas le seul dont il avait eu connaissance. Il reconnaît également avoir été au courant de l’accord à l’amiable signé entre Rose McGowan et Harvey Weinstein.

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«J’aurais aimé avoir agi de façon responsable face à ce que j’ai entendu. Si j’avais fait ce que j’aurais dû faire, il aurait fallu que je ne travaille pas avec lui», a-t-il également déclaré. Ensemble, le duo a écrit parmi les plus belles pages du cinéma hollywoodien des années 1990 et 2000, arrivant à concilier reconnaissance critique et succès populaire.

Harvey Weinstein avait distribué le premier film de Tarantino, Reservoir Dogs, en 1992, avant de produire plusieurs de ses plus gros succès, comme Kill Bill, Pulp Fiction ou Inglourious Basterds.

Accusé d’un sixième viol, en 2013

Le producteur, qui a été licencié de sa société, la Weinstein Company, est maintenant visé par une nouvelle enquête policière pour agression sexuelle, ouverte par la police de Los Angeles (LAPD), alors que deux enquêtes sont déjà menées sur lui à New York et Londres. Contacté par l’AFP, le porte-parole de la LAPD n’a pas donné l’identité de la victime mais, selon plusieurs médias, il s’agirait d’une actrice et mannequin italienne.

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Cette dernière a expliqué au Los Angeles Times, sans que son identité soit révélée, que les faits s’étaient déroulés dans un hôtel de Los Angeles en février 2013. Harvey Weinstein, selon elle, est arrivé «sans prévenir» à son hôtel, et est monté dans sa chambre pour la voir, alors qu’elle avait proposé de descendre à sa rencontre.

«Il a forcé le passage dans ma chambre, a-t-elle expliqué au journal californien, avant de raconter: Il est devenu très rapidement agressif et demandait à me voir nue. Il m’a attrapée par les cheveux, et m’a forcée à faire quelque chose que je ne voulais pas. Ensuite il m’a traînée dans la salle de bain et m’a violée.»

L’avocat de cette actrice italienne, Dave Ring, a confirmé dans un communiqué que sa cliente avait déclaré aux enquêteurs jeudi avoir été violée par Harvey Weinstein dans une chambre d’hôtel près de Beverly Hills. Il n’a pas révélé son nom.

«Ma cliente est reconnaissante envers toutes les femmes courageuses qui ont déjà franchi le pas pour finalement dénoncer Weinstein», écrit-il. «Ces femmes ne s’en rendent peut-être pas compte, mais elles ont donné à ma cliente le soutien et les encouragements nécessaires pour forcer Weinstein à répondre de ces faits terribles», poursuit-il, avant d’annoncer une conférence de presse pour vendredi.

«Tout ce que je peux dire maintenant aura l’air d’une pauvre excuse»

Avant ce nouveau témoignage, cinq actrices accusaient déjà Harvey Weinstein de viol. Sa personnalité était bien connue à Hollywood, et plusieurs fois évoquée entre les lignes lors de discours publics ou dans des films. Harvey Weinstein a affirmé, par la voix de sa porte-parole, que les relations sexuelles publiquement révélées étaient consenties.

Quentin Tarantino, interrogé par le New York Times sur les conséquences que pourrait avoir cette affaire sur son travail, a expliqué «espérer» que cela n’affecterait pas ses films. «Tout ce que je peux dire maintenant aura l’air d’une pauvre excuse.»

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