Notre époque n’aime pas les figures floues, les entre-deux qui restent dans le gris. Il lui faut des catégories claires et tranchées, grâce auxquelles on peut déchiffrer le monde sans hésitation ni états d’âme, et prendre des décisions définitives. Le pauvre Banksy vient d’en faire les frais, de la pire manière qui soit pour un créateur, puisqu’il s’est vu dénier son droit de paternité artistique. Mais on doit reconnaître qu’il l’avait cherché. Il y a quelques années, Banksy déposait officiellement une marque pour un de ses dessins muraux les plus emblématiques, le très beau Lanceur de fleurs, magiquement apparu sur un mur de Jérusalem en 2005. L’intention n’était évidemment pas de commercialiser l’image, mais d’éviter que d’autres ne le fassent à sa place. Démarche on ne peut plus cohérente avec l’engagement humanitaire et altermondialiste du graphiste, qui s’est fait l’étendard d’un art sans visage ni propriétaire, se jouant des barrières élevées par nos sociétés.

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