Le Temps: Plusieurs syndicats d'éditeurs ont porté plainte contre vous, vous accusant de violer le droit d'auteur. Pourquoi poursuivez-vous la numérisation des livres?

Jens Redmer: Nous sommes attentifs à leurs critiques, nous discutons avec eux. Mais en même temps, les activités de Google Livres sont parfaitement légales dans chacun des pays où nous opérons.

- Mais vous proposez sur Internet des extraits de textes dont vous ne détenez pas les droits...

- Nous indexons en entier ces livres. Mais lorsqu'ils sont protégés par copyright, nous n'en proposons que trois paragraphes au maximum. Nous nous conformons à la loi. Et les éditeurs ou librairies qui veulent faire retirer un livre de notre service peuvent le faire en tout temps.

- Avec combien d'éditeurs travaillez-vous?

- Ils sont très nombreux, et nous faisons un effort particulier pour qu'il n'y en ait pas que des anglo-saxons. Les éditeurs sont gagnants: ils peuvent accroître leurs ventes, et au maximum 20% du contenu de leurs ouvrages est disponible en ligne.

- Combien de livres avez-vous scannés?

- Plusieurs centaines de milliers, et le potentiel est énorme: nos bibliothèques partenaires en contiennent des dizaines de millions.

- Yahoo!, Microsoft ou encore la future bibliothèque numérique européenne effectuent un travail similaire. Allez-vous coopérer?

- Microsoft nous imite, mais il ne parle que de scanner quelques centaines de milliers d'ouvrages... Notre ambition est plus grande. Mais nous pourrions collaborer avec d'autres initiatives.

- Google est accusé de créer un vaste index du savoir humain...

- Nous ne lançons pas ce service pour gagner de l'argent. Nous voulons simplement mettre à disposition l'ensemble de ce savoir. Nous voulons aussi proposer un service complet aux internautes, pour qu'ils nous restent fidèles. Microsoft a mis du temps, mais il se réveille...

- Comment évoluera Google Livres?

- Il contiendra plus de livres, dans plus de langues. Et les éditeurs pourront directement proposer aux internautes l'entier de certains livres, contre paiement.