Il émane de Manuel Collas de la Roche une sérénité héritée sans doute de son éducation religieuse. Un parcours spirituel qui l'a mené sur le chemin du dalaï-lama, à Dharamsala, où il a été moine bouddhiste pendant trois ans, à la fin des années 1990. De cette retraite mystique, ce Parisien garde un engagement fort au service des grandes causes humanitaires. Il dirige aujourd'hui le festival Cinéma Vérité, dont la deuxième édition se déroule à Genève, puis Paris et exceptionnellement à Abu Dhabi. Une manifestation qui tend légèrement à s'éparpiller dans sa programmation comme dans ses intentions, aussi louables soient-elles. Rencontre.

Le Temps: Genève accueille beaucoup de festivals humanitaires. N'avez-vous pas peur de vous retrouver noyé au milieu de cette abondance de manifestations?

Manuel Collas de la Roche: Je ne crois pas car, même si je respecte les autres festivals, je pense que nous offrons quelque chose de différent: grâce à un fonds d'investissement levé par le festival, son gala et sa vente de charité, nous allons mettre en place un programme de débats et conférences dans les écoles, au Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés ou à l'ONU. Ces Rencontres ont aussi pour vocation d'encourager le cinéma vérité en aidant financièrement de jeunes cinéastes engagés. De plus, Genève est un choix cohérent pour nous car cette ville représente les droits de l'homme, une position neutre par rapport aux conflits.

- La programmation présente un large éventail de thèmes, au risque de perdre un peu son public...

- Chaque film traite d'un combat, d'un grand sujet. C'est au contraire très cohérent car nous souhaitons éveiller les consciences en créant du dialogue et en sensibilisant le public sur tous ces thèmes.

- Vous êtes également producteur. Est-il difficile de concilier production et spiritualité?

- Je prie, je médite, ce qui m'aide à concilier compassion et production. Je me considère comme un moine au service des grandes causes mais je me sens plus utile aujourd'hui dans ce festival qu'enfermé dans un temple!

Cinéma Vérité, du 8 au 10 oct. Auditorium Arditi, entrée gratuite. A voir notamment: «Gardens of Night», de Damian Harris, me 8 à 20h30; «The Day after Peace», de Jeremy Gilley, ve 10 à18h. cinemaverite.ch ou 022/327 4859.