Récit

En quête de l’olivier de saint Augustin

Une artiste suisse remonte à ses origines en Algérie

A Genève, le père disait avec fierté: «A Souk-Ahras se trouve l’olivier de saint Augustin.» Dans les souvenirs de Sabine Zaalene, le nom évoque des goûts, des odeurs et des interdits «parce que tu es une fille», les vacances au bled, mais pas d’olivier. Un quart de siècle plus tard, l’Algérie est devenue un territoire difficile d’accès: «La mémoire de la décennie noire» du terrorisme islamiste (1991-2002), les contrôles, les barrages, «la barbe qui pousse partout».

Plongée archéologique et historique

Les hasards des réseaux sociaux font que l’artiste retrouve un ami d’enfance de son défunt père, une famille, de fortes raisons de partir en quête de l’olivier, cette très «vieille branche» sous laquelle on enterre les prépuces des jeunes circoncis. Ce journal de voyage est aussi une plongée archéologique et historique qui renvoie à une Méditerranée œcuménique, multiculturelle. Comment le saint d’Hippone trouverait-il sa place dans une Algérie revendiquée «arabo-musulmane», le laisserait-on traverser la Méditerranée vers l’Italie? Et qu’en est-il des intellectuels algériens aujourd’hui?


Sabine Zaalene, «Vieille branche», art&fiction, 98 p.

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