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En quête de mère

Eric Fottorino tente de restituer la magie des salles obscures et des lumières de cinéma.

Eric Fottorino. Baisers de cinéma. Gallimard, 192 p.

Gilles Hector, avocat, est né de mère inconnue. Son père, Jean, disparu au moment où commence le livre, fut directeur de la photographie quand le cinéma français éclairait encore le monde, en partie. Il maniait les lumières avec une précision de chirurgien. Un père étrange, pour son fils surtout; qui lui a dit qu'il devait son existence à un baiser de cinéma, donne ses rendez-vous dans une voiture conduite par un chauffeur, et vit d'aventure en aventure. Jusqu'à ce qu'il soit atteint par un cancer et soucieux, dernière fantaisie, de conserver sa propre image (pour qui?) grâce à un portrait des studios Harcourt.

Gilles fréquente les salles d'art et d'essai au point d'en oublier son travail. Au point aussi de rencontrer Mayliss, une femme pâle à la peau translucide avec laquelle il vit une histoire d'amour tout en poursuivant, dans le noir et blanc des films de la Nouvelle Vague et dans l'appartement abandonné de son père, la quête d'une mère qui n'est peut-être qu'une image dans un des films pour lesquels travailla Jean Hector. On va du VIe arrondissement à l'Ile Saint-Louis, de Paris à Nice et à Rome. Même un peu au Kremlin-Bicêtre où habite Mayliss, mariée, un enfant, et chez qui il la rencontre parfois au risque de croiser son époux.

Baisers de cinéma pourrait être un livre charmant s'il ne cherchait tant à restituer la rêverie des écrans, la féerie des éclairages, et à séduire par le style si soigné qu'on est rapidement mis en dehors, dans la position d'un spectateur voyant un spectacle mignon depuis l'autre côté d'une vitrine. Eric Fottorino, qui est directeur du quotidien Le Monde, a-t-il voulu trop en mettre dans ce livre un petit peu exigu, au point qu'il a dû tout ranger impeccablement pour que rien ne déborde à la fin? Il ne suffit pas de nommer les sentiments avec précision pour que les lecteurs les partagent.

Eric Fottorino publie aussi «Petit Eloge de la bicyclette» (Folio, 138 p.) sur son autre passion, le vélo.

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