Le concept: chars décorés, musique électronique, soleil, déguisements et danse sont les principaux ingrédients d'une fête se voulant exubérante, et qui est axée sur les idées de paix et de liberté. La Parade techno reprend et associe différents modèles comme les carnavals de Rio ou de Notting Hill (Londres), les parades gay de New York ou Sydney, ou encore les marches en faveur de l'égalité des droits qui avaient secoué les Etats-Unis dans les années 60.

La fondation: 1989, quelques mois avant que ne tombe le Mur de la honte, 150 «ravers» suivent deux camions sonorisés sur Kurfürstendamm: la Love Parade est née et avec elle une nouvelle culture de la fête. Considéré comme l'inventeur de l'événement, Matthias Roeingh, alias Dr. Motte, y voit le moyen de fédérer la jeunesse autour d'une fête gratuite et ouverte à tous. Preuve du succès de ce qui est devenu une des rares manifestations réellement populaires de la fin du XXe siècle: l'an dernier, ils étaient 1,5 million agglutinés derrière une cinquantaine de chars, sur l'avenue du 17 juin, au cœur de la nouvelle capitale allemande.

Les convertis: à l'instar de Berlin, de nombreuses villes – en majorité européennes – ont adopté l'idée d'une parade techno. Des manifestations de taille – de 50 000 à 1,5 million de personnes – et de qualité artistique variable, dont le succès est partout quasi exponentiel. Outre Berlin, Hambourg, Munich, Vienne, Paris, Genève, Tel-Aviv et Zurich se sont ainsi ralliés à la cause des «ravers».

La Street Parade: chacune de ces fêtes a son propre nom. Love Parade à Berlin, Lake Parade à Genève et Street Parade à Zurich. En 1992, sur les bords de la Limmat, la première Street Parade avait accueilli 2000 personnes. On en attend près d'un demi-million ce week-end, pour ce qui est la plus grande manifestation en plein air de Suisse.

Dérapages: signe incontestable de leurs succès, certaines Parades «officielles», accusées par beaucoup d'être tombées dans une dérive touristique et commerciale, doivent aujourd'hui composer avec des «off» plus authentiques, comme la «Fuck Parade» berlinoise.

Carnavals débridés, mais le plus souvent très bon enfant, les parades ont longtemps ignoré toute forme de violence. L'an dernier à Berlin, un jeune homme a pourtant été poignardé durant une altercation survenue au milieu de la foule: la première victime dans l'histoire des parades techno.