Quinze ans, c'est l'âge du culot, des grandes mues et des nouveaux looks. Ariane Karcher, directrice de ce qui s'appelait jusqu'à l'année passée «Théâtres d'Eté» à Nyon n'est pas loin de partager cet avis. Elle a rebaptisé la manifestation «Far», abréviation pas vilaine de Festival des Arts vivants. Histoire de rappeler que le rendez-vous nyonnais est ouvert à toutes les disciplines de la scène. Elle a surtout composé un programme copieux, à déguster à l'Usine à Gaz, la Petite Usine ou encore la Plage des Trois Jetées. Et puisque quinze ans est l'âge de l'irrévérence, elle a fait du tabou l'un des thèmes forts de la programmation. Aperçu des festivités.

Le plaisir d'un festival tient beaucoup aux microclimats qu'il installe et fait cohabiter. A Nyon, certains artistes ont opté pour l'intimité, comme le franco-genevois Gilles Laubert, qui signe avec Sur les bords un roman de vie émouvant, sorte de dialogue avec les ombres où conscience politique et identité sexuelle sortent des limbes; l'acteur Claude Thébert décline l'intimité sur le mode féerique, en reprenant Le violon de verre, florilège de contes alpestres de Corinna Bille, une petite merveille de théâtre qui entraîne le spectateur dans des sous-bois enchanteurs. Le climat sera sans doute plus turbulent avec le Jurassien Pierre Miserez, qui promet un one man show griffu. Côté griffes, il faut encore signaler le Frank V de Dürrenmatt, satire émoussée mais joliment ravigotée par Gisèle Sallin et son équipe de comédiens. Le rire devrait encore pimenter Ce serait bon pour une relation de faire l'amour pendant que le poulet cuit à 250°, chorégraphie théâtrale que l'on doit à Anne Rosset.

Le style de la danse sera tout autre dans Braindance, méditation sur la mort à travers corps et muscle, conçue par Gilles Jobin. La chorégraphe portugaise Angela Guerreiro livrera pour sa part une radioscopie sociale avec Be nice or leave, thank you, où quatre danseurs marchent sur les traces des solitudes urbaines. L'insolite éclatera encore en gerbes sonores dans Loch, concert signé Die Regierung, un groupe saint-gallois formé de musiciens handicapés qui, contre le vent des modes, composent de drôles d'univers sonores. D'expérience parallèle, il sera encore question avec les acteurs ambulants d'Ilotopie, troupe française qui aime poser d'extraordinaires bazars sur les pavés des villes. Peinturlurés de rouge et de vert, ils joueront les extraterrestres, entre ciel et mousse dans Les gens de couleur et tout s'émousse. C'est à découvrir dans le quartier de Rive le 11 août dès 18 h 30.

Nyon, FAR, 11 – 21.8, rés. dès 2.8 022/ 365 15 55 ou e-mail: www.festival-far.ch