Dans l’histoire des musiques actuelles, les années 1990 resteront comme la décennie d’une plus grande visibilité pour les chanteuses et musiciennes. Si Whitney Houston, Céline Dion, Shania Twain, Sheryl Crow et Alanis Morissette figureront parmi les plus grosses vendeuses de disques, les enregistrements de Liz Phair, Fiona Apple, PJ Harvey, Garbage, Salad, L7, Echobelly ou Elastica feront en parallèle le bonheur des amateurs de rock alternatif, tandis que Björk révolutionnera les musiques électroniques.

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Si l’on observe les femmes intronisées au Rock and Roll Hall of Fame, fondé aux Etats-Unis en 1983, on ne remarque avant 1990 que les noms d’Aretha Franklin et du trio The Supremes. Janis Joplin, héroïne de la révolution psychédélique de la scène californienne de la fin des sixties, verra son nom gravé au panthéon en 1995 seulement, soit une année après le pourtant moins influent Rod Stewart. Le signe évident d’une inégalité des sexes, d’une idée trop longtemps répandue que le rock, c’est une affaire de mecs.

Voix plurielles

Ces dernières années encore, de nombreuses voix se sont fait entendre, dans le sillage du mouvement #MeToo, pour souligner un milieu encore trop peu égalitaire. «Dans l’industrie musicale, les femmes touchent moins de subventions que les hommes, donc elles font des projets moins ambitieux, donc elles reçoivent moins de prix, donc elles sont moins mises en avant. Leur place est minoritaire», déploraient par exemple Anne-Claire Adet et Dominique Rovini, codirectrices des Créatives, dans les colonnes du Temps.

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Dans le sillage du festival genevois dévolu à la création féminine, de nombreuses initiatives ont vu le jour dans le but de mettre en avant les musiciennes de manière plus volontariste. C’est ainsi que Radio Vostok, chaîne numérique basée elle aussi à Genève, lançait en 2018 La VostokE, le premier canal suisse 100% féminin. Lequel s’enrichit cette année d’une nouvelle émission mensuelle, diffusée tous les derniers dimanches du mois. Justement coproduite avec Les Créatives, Monte le son Camille! a pour but de «faire entendre des voix plurielles et encore minoritaires dans les médias».

Au programme, des chroniques, des billets d’humeur, une invitée partageant sa bande-son, et une programmation promettant 50% d’artistes helvétiques. Première ce dimanche 31 janvier.


«Monte le son Camille!», sur La VostokE, dimanche 31 janvier de 19h à 20h.