Sucre de Cannes

Rambo America go home

Le Festival de Cannes n’est plus la tête de pont d’Hollywood. Mais Rambo vient à la rescousse

Il n’y a pas si longtemps, les palaces du front de mer croulaient sous les affiches colorées des plus beaux produits de la cinématographie américaine, Expendables par exemple. Ces temps sont révolus. Certains observateurs se sont alarmés, y voyant le signe du désintérêt qu’Hollywood porte à Cannes. En fait, il semblerait que ce soit plutôt lié à une volonté municipale de cesser de barioler l’architecture locale.

Il est toutefois vrai que la présence américaine s’est amenuisée. Parce que les dates du festival (mai) sont trop éloignées des Oscars (fin février) pour permettre un lobbying efficace, contrairement à Venise et Toronto (septembre). Parce que, soumise à la chronologie des médias imposée par les distributeurs et exploitants de salles français, la manifestation n’est plus habilitée à accueillir les produits Netflix. Or, un festival sans Netflix, c’est comme un aïoli sans ail: le géant de la vidéo à la demande se rabat sur d’autres vitrines, comme Venise, où le formidable Roma, d’Alfonso Cuarón, a été couronné l’an dernier. Parce que Cannes n’est plus l’épicentre de l’industrie cinématographique. Des marchés géants s’ouvrent en Asie et c’est à New York que Disney annonce que les showrunners de Game of Thrones seront aux manettes de la nouvelle trilogie Star Wars qui commence en 2022.

Tout n’est pas perdu. L’édition 2019 a accueilli Jim Jarmusch et ses zombies, ainsi que Rocketman, le biopic consacré à Elton John. Et Sylvester Stallone, qui, à 72 ans, reprend les armes dans Rambo V, vient présenter en exclusivité des extraits de sa nouvelle apologie de la manière forte. On est sauvés!


La précédente chronique: «Easy Rider» a 50 ans – et après?

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