Stéphane Rochette. Ramuz chez Rey-Millet. Les Amis de Ramuz, 196 p.

Ramuz s'est rendu en visite chez Constant Rey-Millet, peintre savoyard, pour la première fois en 1925. Son hôte avait 20 ans et, en compagnie de ses amis Jean-Marie Dunoyer et Paul Gay, il avait inauguré une revue, Le Taudis. Celle-là même sous l'égide de laquelle allait paraître, bien des années plus tard, un recueil d'hommages posthumes à l'écrivain, Présences de Ramuz, qui fera date parmi les publications consacrées à Ramuz.

A l'enseigne des Amis de Ramuz, association née en 1980 à Tours, qui témoigne de l'intérêt que l'écrivain rencontre en France, l'étude de Stéphane Rochette retrace l'aventure que représenta l'élaboration de cet hommage à Ramuz, agrémenté de contributions originales de ceux qui l'avaient connu, ou non (Alberto Giacometti, par exemple, qui était lié à Rey-Millet). Domicilié à La Tour-en-Faucigny, en Haute-Savoie, le peintre, généreux et convivial, apparaît comme le point de rencontre entre diverses personnalités de l'époque - l'entre-deux-guerres et jusqu'à la mort de Rey-Millet en 1959, douze ans après celle de Ramuz. Galeriste à Paris, Stéphane Rochette a réuni de nombreux documents, pour certains inédits, et il retouche quelque peu, à travers la figure attachante de Constant Rey-Millet, le portrait de Ramuz. Parmi les inédits, justement l'un des trois portraits de l'écrivain proposés par Giacometti pour Présences de Ramuz et réunis pour la première fois, des lettres de Rey-Millet, ou de Ramuz à Rey-Millet, et la reproduction en couleurs du Salon de Saint-Jeoire. L'imagerie du panneau principal de ce polyptyque, réalisé par Rey-Millet en 1935 chez son ami le docteur Gay, est une évocation de l'œuvre de l'auteur de Beauté sur la terre. Evocation non seulement champêtre, mais aussi fantastique, qui restitue l'universalité de Ramuz.