Lionel Baier est un garçon souriant, mais la tâche qui l'attend ne sera pas toujours hilarante. Actuellement, l'enseignement de l'audiovisuel en Suisse romande est dans un triste état. L'Ecole supérieure des arts visuels de Genève se retranche derrière l'expérimentation tandis que l'ancien département audiovisuel lausannois, aux vastes ambitions à l'époque d'Yves Yersin, tire la langue. Ayant souffert de longues vacances directoriales, du manque de connaissance de Pierre Keller et d'un affaiblissement de ses moyens, l'ex-DAVI n'est plus que l'ombre de ce qu'il fut. Même proche d'Yves Yersin, Lionel Baier instaure une rupture dans la ligne originelle, prenant ses distances avec la technique pour privilégier la multiplicité des registres, de la commande au clip multimédia. Un pari. L'essentiel sera de réussir l'intégration de cette Unité dans le paysage national et dans un milieu professionnel connu pour son goût des empoignades et ses ego en cinémascope. Le jeune responsable aura besoin de tous ses sourires.