C’était le risque, on le savait. De laisser les jours filer et de remettre sans cesse ce que l’on rêvait de faire. Mais certains livres sont têtus, heureusement. Les semaines, les mois ont beau passer, ils reviennent, placides, sûrs de leur force. Celui dont il sera question ici est de cette trempe. Non, ce n’est pas cela. Le Maître parfumeur (Editions de l’Aire) est un livre à part. On ne peut pas l’écarter. Poser les yeux sur lui, si mince soit-il, à peine 30 pages, c’est immédiatement ressentir l’énergie mystérieuse qu’il contient, comme une vision fugace, celle d’une vie qui passe, miroitante, et qui s’éteint.