Jacques Chessex. Le simple préserve l'énigme. Gallimard

L'âge. Qui ronge les os mais allège et simplifie l'âme. Et l'acte d'écrire. Dans Le simple préserve l'énigme, Jacques Chessex s'interroge sur cette notion d'âge, si fluctuante selon les périodes de la vie. Avec cet art d'emprisonner le ténu et le fugace dans les mailles de ses phrases, il détaille cet élancement dans la simplicité d'être qui gagne l'âge venant.

Il y a les pages sur ses 20 ans, période pas bénie, alourdie par les livres qui ne veulent pas sortir. Jacques Chessex se voit vieux, alors. Ce retour sur soi impose un retour sur les premiers ouvrages tellement le rapport à l'écriture, ce drôle de silence imposé, fait cette vie-là.

Morceaux choisis entre tous, la description des vieillards suisses contaminés avec l'âge par le «farouche baroquisme helvète». Guillaume Tell, Nicolas de Flue, Charles-Albert Cingria, Ramuz, tous, remarque Jacques Chessex, ont «la part épiphanique, la part dandy, la part surprise scénique qui a fortement gagné avec l'âge».

Il y a les pages aussi sur François Nourissier, le grand ami écrivain qui ouvre le livre avec un texte bref et l'on devine que tous ces mots sont nés là, dans ce dialogue et ces peines partagées.