Le 28 juin, c’est entendu, tout le monde tombera le masque en extérieur, sauf imprévu de dernière minute. Mais on ne sait pas au juste quelle mine auront nos visages, tant nous avons perdu l’habitude de nous regarder et d’être regardés, autrement que dans les yeux, en essayant de compenser l’absence du reste par l’intensité forcée de leur expressivité. Le masque avait aussi du bon, on pouvait y dissimuler des sentiments ou un physique mal-aimé: à l’extérieur, tous se valaient. Il va donc falloir réapprendre à s’exposer et à assumer nos émotions en public, ou alors à les déguiser, soit une autre manière de se masquer.

C’est le dernier acte, le plus symbolique, du desserrement des mesures sanitaires contre la pandémie, après des mois de contraintes plus ou moins bien vécues. Reste donc à affronter la difficulté du retour à la normalité. Allons-nous la retrouver comme nous l’avons quittée? Ou avons-nous changé au point de ne plus la reconnaître? Les semaines à venir vont obliger à récupérer la capacité de vivre normalement, à retrouver le sens d’une quotidienneté perdue, après une longue période d’état d’exception.