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La reconquête spatiale, entre rêves et mirages

Quand la NASA ou Jeff Bezos échafaudent des plans pour (re)partir à l’assaut de l’espace, c’est tout un chacun qui se (re)prend à fantasmer. Or cette fascination pour l’infiniment grand remonte à très loin, comme en atteste «Roland furieux», un poème épique du XVIe siècle

Repartir sur la Lune? Mais pour quoi faire? L’homme n’y a plus posé son pied depuis 1972, et il faut bien reconnaître que le besoin ne s’en est pas beaucoup fait sentir depuis. La conquête de l’espace a eu ses heures mémorables, elle fait désormais partie de notre bagage culturel, sans qu’il ait paru nécessaire jusqu’à présent d’y ajouter un nouveau chapitre. Les choses sont bien entendu différentes sur le plan scientifique. Là, rien ne s’est vraiment arrêté. Mais d’où vient alors cette frénésie soudaine de projets d’exploration spatiale?

La NASA a tout juste annoncé une série de plans plus ambitieux les uns que les autres: retour sur la Lune d’ici à cinq ans, construction d’une nouvelle station orbitale, puis virage vers l’inconnu, avec cette fois Mars en ligne de mire. La différence tient à un détail, trois fois rien en apparence, mais qui change peut-être toute la perspective, puisqu’elle ressuscite les attentes collectives, celles des simples individus comme vous et moi.