Enchères

Record pour un «Nu couché» de Modigliani

Jamais Sotheby’s, fondée en 1744, n’avait vendu une œuvre à ce prix. Lors de sa dernière apparition aux enchères en 2003, le «Nu couché» avait été adjugé 26,9 millions de dollars

Un tableau du peintre italien Amedeo Modigliani a été adjugé lundi 157,2 millions de dollars par Sotheby’s, devenant le quatrième tableau le plus cher de l’histoire pour des enchères. La toile n’a pas battu le record pour une œuvre du plus Parisien des peintres italiens, établi en novembre 2015 par un autre Nu couché, vendu chez Christie’s pour 170,4 millions de dollars.

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La vente, qui bénéficiait d’une garantie d’un montant que Sotheby’s s’est refusé à communiquer, a démarré à 125 millions de dollars.

Elle n’a fait l’objet que d’une poignée de relances, toutes par des collectionneurs qui participaient à l’événement au téléphone, pour s’achever à 139 millions de dollars avec un prix final de 157,2 millions avec frais et commissions.

Un record pour l’artiste italien

Lors d’un point de presse à l’issue de la vente, le coresponsable de l’impressionnisme et de l’art moderne au sein de la maison d’enchères, Simon Shaw, a salué «une nouvelle référence dans l’histoire de Sotheby’s». Jamais la vénérable institution, fondée en 1744, n’avait vendu une œuvre à ce prix.

Peinte en 1917, la toile a dépassé d’un souffle l’évaluation de 150 millions de dollars, la plus haute estimation jamais annoncée pour une œuvre aux enchères, toutes maisons confondues. Pour Simon Shaw, cette vente «reflète la réévaluation critique et commerciale de l’œuvre de Modigliani» (1884-1920), mort à 35 ans seulement des suites d’une méningite.

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Il a souligné qu’il y a cinq ans seulement, le record pour une œuvre de l’artiste italien était de 42 millions de dollars. Lors de sa dernière apparition aux enchères en 2003, le Nu couché vendu lundi avait été adjugé 26,9 millions de dollars.

Une œuvre décrite comme «discrètement radicale»

La toile était le clou des ventes de printemps à New York et a fait mieux que la Fillette à la corbeille fleurie de Pablo Picasso, adjugée 115 millions de dollars chez Christie’s lors de la vente de la collection Rockefeller.

Elle fait partie d’une série de 22 nus, dont elle est le seul exemplaire à comprendre la totalité du modèle, de la tête aux pieds. Neuf d’entre eux se trouvent encore dans les mains de collectionneurs privés.

Lors de la présentation de l’œuvre, Simon Shaw avait décrit cette série comme ayant révolutionné l’art du nu en peinture, et l’œuvre vendue lundi comme une œuvre «discrètement radicale». Une synthèse des grands maîtres historiques du nu et de la jeune peinture du XXe siècle, mais aussi l’incarnation de l’émancipation de la femme, «maîtresse d’elle-même et assurée sexuellement», avait dit Simon Shaw. «Elle soutient totalement notre regard.»

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