Le Temps: quelle est votre impression au lendemain de cette première?

Samir: Je suis fatigué et heureux. Les premiers commentaires ont été positifs, notamment de la part de l'auteur, Simon Stephens. Et ça me réjouit beaucoup.

- Qu'est-ce qui vous a convaincu de choisir cette pièce? Vos origines irakiennes?

- Non, cela n'a rien à voir avec mes origines. Du moins pas directement. C'est ce retour d'une âme esseulée et en décalage avec la société, c'est le regard que ce soldat - que j'ai voulu empathique - jette sur la «normalité» qui m'ont touché. Chaque scène est un fait divers qui se rapporte à la logique de notre société de consommation. Mais sans faire de morale ni donner de leçons. Même en étant opposés à la guerre, nous sommes profiteurs de ce système. On ne peut pas simplement s'en distancier. C'est là toute l'ambiguïté.

- Etiez-vous loin de votre travail habituel de cinéaste?

- Non, car l'écriture de cette pièce rappelle les scénarios de cinéma. J'ai beaucoup aimé cette expérience de théâtre car il y a plus de temps pour le travail avec les acteurs. J'espère qu'il y aura des suites.