Chaque histoire a ses héros éternels et ses figures oubliées, celle du cinéma helvétique ne fait pas exception. Si personne ne doutera ainsi de l’importance du Groupe 5 (Tanner, Goretta, Soutter, Roy et Lagrange), à l’origine à la fin des années 1960 de ce qu’on a appelé «le nouveau cinéma suisse», Henry Brandt (1921-1998) semble quant à lui avoir été peu à peu oublié, alors que d’une certaine manière il peut être considéré comme un des précurseurs de ce mouvement, comme l’écrivent Pierre-Emmanuel Jaques et Olivier Lugon – respectivement maître d’enseignement et de recherche et professeur à la Section d’histoire et d’esthétique du cinéma de l’Université de Lausanne – dans leur préface à un ouvrage collectif célébrant le talent protéiforme du Neuchâtelois.