«Avec ce musée, nous voulons dire que l’hiver est terminé», proclame, depuis le début des cérémonies d’ouverture du Louvre-Lens, Daniel Percheron, le président de la Région Nord-Pas-de-Calais qui a mis 88 millions d’euros dans un projet dont le coût global est de 150 millions. L’hiver, c’est ainsi qu’il qualifie un déclin qui a commencé avec la crise des mines de charbon dans les années 1960, qui s’est poursuivi avec celle de l’industrie du vêtement ou des aciéries. C’est une région qui se relève et qui a choisi la culture comme fer de lance de sa renaissance.

De ce point de vue, le Louvre-Lens ne peut être comparé qu’à deux institutions analogues en Europe. La Fondation Guggenheim de Bilbao et la Tate Modern de Liverpool. Mais pour le reste, il en diffère entièrement car il s’agit non d’un projet urbain mais d’un projet régional.

Le Nord-Pas-de-Calais accueille 48 musées classés «Musée de France» sur deux départements. Parmi eux, plusieurs établissements de dimension internationale, comme le Palais des beaux-arts de Lille ou le LaM, musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut de Villeneuve-D’ascq. Des musées plus modestes qui contiennent quelques merveilles d’art ancien, à Douai, Valenciennes ou Arras. Des musées d’art contemporain très dynamiques à Dunkerque, à Roubaix ou à Tourcoing où se trouve la plus riche collection consacrée à Eugène Leroy, l’un des peintres les plus remarquables de la deuxième partie du XXe siècle. Au point que Le Routard édite aujourd’hui un guide intitulé Nord-Pas-de-Calais, la Région des musées qui est le gain d’un pari politique lancé il y a à peine plus d’une décennie, et qui est tenu aujourd’hui.