Ils sont inusables, increvables, inoxydables. Et surtout, nous ne pouvons nous en séparer. Une petite chronique sur ces objets qui nous définissent.

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Un ordinateur préside aujourd’hui mon bureau, accompagné d’un téléphone, de quelques carnets et d’un pot à crayons. Trône aussi une longue règle perpendiculaire en acajou, aux bouts un peu usés, et même pas graduée. Quand je suis en manque d’inspiration, situation devenue plus fréquente avec la crise sanitaire, je la saisis comme une baguette magique qui va me sortir de cette mauvaise passe, et je rejoue une cérémonie de mes jeunes années: il s’agit de la poser parallèlement à la table parfaitement du premier coup, les deux côtés de la longue règle bien ensemble, en un pari de maîtrise de l’espace géométrique extrêmement satisfaisant, qui procure une sensation de plénitude rassurante et parfois fertile: souvent, je me remets à écrire.