A partir de 1910 (il avait 45 ans) et jusqu'à sa mort, quinze ans plus tard, Félix Vallotton a peint une quarantaine de couchers de soleil – le plus souvent sur la mer, qui lui permettait d'étaler au maximum la flaque lumineuse et de créer une symétrie. A ces toiles s'ajoutent, dans l'exposition de la Fondation Gianadda à Martigny, qui comprend exactement les mêmes tableaux qui avaient été présentés au Kunstmuseum de Berne cet hiver, une vingtaine de paysages teintés des coloris délicats du crépuscule et une série de bois gravés. Devant une telle gamme d'effets et de sentiments à partir d'un même phénomène quotidien, le spectateur est ébloui du talent du peintre, si mesuré et maître de ses moyens.

La plupart des œuvres ont été exécutées aux environs de Honfleur, en Normandie, où Vallotton passait l'été et où il mit au point sa méthode du «paysage composé», c'est-à-dire observé, analysé et reconstitué, de manière synthétique, en atelier. Mais déjà au moment de sa période Nabi, durant la dernière décennie du XIXe siècle, le peintre avait exploité dans ses planches gravées l'allongement des ombres et les contrastes du soir.

Félix Vallotton – Couchers de soleil. Fondation Pierre-Gianadda (59, rue du Forum, Martigny, tél. 027/722 39 78). Tous les jours 10-18h. Du 18 mars au 12 juin.