Cinéma

«Rémi sans famille»: la balade d’un orphelin et d’un saltimbanque

Le célèbre roman d’Hector Malot suscite une nouvelle adaptation. Un émouvant récit initiatique tout public, avec Daniel Auteuil dans le rôle de Vitalis

Publié en 1878, Sans famille a fait pleurer des générations de lecteurs. En narrant les tribulations d’un jeune orphelin, Rémi, à travers la France, Hector Malot joue habilement du pathos pour sensibiliser la société au sort de gosses exploités et miséreux. Ce roman a connu une dizaine d’adaptations au cinéma et à la télévision – dont un dessin animé japonais. Rémi revient pour Noël devant la caméra d’Antoine Blossier (La traque).

Le livre originel a été sérieusement élagué. Le brutal Garofoli, le travail à la mine, les voyages avec Mattia sont évacués. Le film se concentre sur le signor Vitalis, un saltimbanque qui se produit dans les villes de France avec sa petite troupe, réduite au cinéma à un chien, Capi, et un singe, Joli-Cœur, avant de filer en Angleterre où se trouvent les origines aristocratiques de Rémi.

Jongleur mélancolique

Au gré de belles images de campagnes et de bourgades d’autrefois, Rémi sans famille se singularise par sa douceur. Vitalis et Rémi sont pauvres, mais libres, ils savent chanter et faire rire. Ils rencontrent de braves gens, comme cette belle dame qui leur glisse une pièce en or. Les confrontations avec la méchanceté se réduisent à la figure de quelques gendarmes trop stricts, ainsi que des Thénardier londoniens trop grotesques pour faire peur. La mort du singe, l’attaque des loups et la tempête de neige ravivent de vieux souvenirs et restent aptes à remuer les plus jeunes. Quant à la structure en flash-back, elle n’apporte rien à l’histoire.

Célèbre chanteur ayant perdu sa voix dans le livre, virtuose du violon ayant renoncé à la gloire après une tragédie personnelle dans le film, Vitalis est le personnage le plus fascinant de ce voyage initiatique. Nanti d’une barbe blanche, Daniel Auteuil prête son sourire éclatant et son regard profond à ce jongleur mélancolique détenteur de l’immense humanité. Il est admirable.


Rémi sans famille, d’Antoine Blossier (France, 2018), avec Daniel Auteuil, Maleaume Paquin, Virginie Ledoyen, 1h49.

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