Tandis que Roland Joffé présentera Mission, inoubliable drame historique avec Jeremy Irons en jésuite humaniste et Robert De Niro en redoutable mercenaire, Isabella Rossellini parlera de son expérience avec David Lynch sur le toujours aussi troublant Blue Velvet. Ces deux films sortis en 1986 seront projetés début mars sur l’écran large du majestueux Capitole, qui rouvrira exceptionnellement ses portes avant d’entrer véritablement dans sa phase de rénovation.

La troisième édition des Rencontres 7e art Lausanne (r7al) aura lieu du 4 au 8 mars, et même si on n’y attend pas une grande star internationale du calibre de Christopher Walken, venu à Lausanne il y a deux ans, la liste des invités laisse augurer de beaux moments de partage.

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Des classiques divers

A l’instar de l’Américain en 2018, Bertrand Blier recevra le trophée des Rencontres, prix honorifique célébrant sa carrière. L’occasion pour lui de présenter Trop belle pour toi (1989) et de donner une master class à l’ECAL. L’école d’art recevra également la visite de Valeria Bruni Tedeschi, Patrice Leconte, Cédric Klapisch et Luca Guadagnino, dont le film Amore (2009) fera le 4 mars l’ouverture du festival. Lequel sera justement placé sous le signe des «histoires d’amour», thématique retenue pour une troisième édition dont l’ensemble de la programmation est encore en cours de finalisation.

On sait néanmoins d’ores et déjà que seront montrés, en collaboration avec la Cinémathèque suisse, des classiques aussi divers qu’Annie Hall (Woody Allen, 1977), Breakfast at Tiffany’s (Blake Edwards, 1961), Le Mépris (Jean-Luc Godard, 1963), Jules et Jim (François Truffaut, 1962), Casablanca (Michael Curtiz, 1942), Le Secret de Brokeback Mountain (Ang Lee, 2005) ou encore Quand Harry rencontre Sally (Rob Reiner, 1989).

Un public jeune

Vincent Perez, cofondateur et président de cette manifestation – il préfère ce terme à celui de «festival», qui induit souvent l’idée de compétition – dédiée au cinéma de patrimoine, constate avec joie que parmi les quelque 10 000 personnes qui l’ont fréquentée l’an dernier, la majorité a entre 18 et 35 ans. En tant que responsable du département cinéma de l’ECAL, Lionel Baier se réjouit lui aussi de cette curiosité des étudiants, et des nouvelles générations au sens large, pour la découverte en salle de films qui ne font a priori pas forcément partie de leur cinéphilie.

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Parmi les autres événements, un hommage à Patrice Chéreau, avec la projection de La Reine Margot (1994), suivie d’un débat avec la scénariste Danièle Thompson et les comédiens Vincent Perez et Pascal Greggory. Avant le début du festival, celui-ci lira le 29 février à Vidy des textes du cinéaste et metteur en scène disparu en 2013. Et aussi une conférence du critique Samuel Blumenfeld sur Marlon Brando à l’EJMA, qui accueillera également Matthieu – M – Chedid pour une discussion autour des bandes originales qu’il a composées pour Les Triplettes de Belleville (Sylvain Chomet, 2003) et Un Monstre à Paris (Bibo Bergeron, 2011).

Et à l’heure où on reproche souvent aux festivals d’être loin de l’égalité, signalons le geste fort des Rencontres à travers des invitations faites à Irène Jacob, Valeria Golino, Aure Atika, Rossy de Palma, Anaïs Demoustier, Elsa Zylberstein ou encore Marie Gillain.


3e Rencontres 7e art Lausanne, du 4 au 8 mars.