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Michael Christopher Brown, à Cuba lors du décès de Castro.
© michael christopher brown

Photographie

Rencontres d’Arles: les dix expositions à ne pas louper

Focus américain, immersion à Grozny ou virée chez les messies, la cuvée 2018 du festival propose quelques pépites

The Train, le dernier voyage de Robert F. Kennedy, Les Forges, jusqu’au 23 septembre.

Le 8 juin 1968, le photojournaliste Paul Fusco photographie les citoyens le long des voies de chemin de fer entre New York et Washington. En masse, ils sont venus rendre hommage au sénateur Robert F. Kennedy, assassiné quelques jours plus tôt. Légèrement flous, les portraits de cet adieu sont très touchants. En regard, Rein Jelle Terpstra a collecté les photographies et vidéos prises par la foule ce jour-là. Philippe Parreno, lui, a reconstitué l’événement dans un court métrage. 

Michael Christopher Brown: Yo soy Fidel, Monoprix, jusqu’au 23 septembre.

Cette exposition est d’autant plus intéressante que l’on a vu le travail de Paul Fusco sur le dernier train de Robert F. Kennedy. Michael Christopher Brown, lui, se trouvait à Cuba lorsque Fidel Castro est décédé. Il a réussi à se glisser dans le convoi qui emmenait le corps de La Havane à Santiago, selon l’itinéraire victorieux de 1959. Sur le chemin, multitude de fanions et de posters identiques trahissent une moindre spontanéité qu’aux Etats-Unis en 1968.

Robert Frank: Sidelines, Espace Van Gogh, jusqu’au 23 septembre.

Une exposition composée uniquement de tirages originaux, du début de la carrière du plus célèbre des photographes suisses à la série qui donna naissance au fameux livre des Américains. Les quelques planches-contacts, commentées par Robert Frank, sont un régal, tickets d’entrée dans la fabrique d’un chef-d’œuvre. La scénographie, malheureusement, manque un peu de clarté. A l'étage, les belles images américaines de Depardon.

Paul Graham: La blancheur de la baleine, église des Frères-Prêcheurs, jusqu’au 26 août.

A travers trois séries, le Britannique dénonce les inégalités sociales et économiques prévalant aux Etats-Unis. Un regard à la fois dur et plasticien.

Taysir Batniji: Gaza to America, chapelle du Méjan, jusqu’au 23 septembre.

Le Palestinien raconte ses cousins d’Amérique. Une partie de ses images proche-orientales sont également exposées: miradors israéliens compilés façon Becher, petites annonces vantant les mérites de maisons détruites…

Jonas Bendiksen, Le dernier testament, église Sainte-Anne, jusqu’au 26 août.

Le Norvégien a suivi sept messies autoproclamés, au Japon, au Brésil, en Russie ou en Afrique du Sud. Des personnages baroques, forcément, entourés de fidèles et de décorums, que le photographe s’est efforcé de prendre au sérieux.

1968, quelle histoire!, Croisière, jusqu’au 23 septembre.

La révolte des étudiants vue et archivée par la Préfecture de police. Gros plans sur les meneurs des manifestations, procès-verbaux hilarants, documents d’importance historique. Le reste de l’exposition, plus disparate, est moins intéressant.

Matthieu Gafsou, H +, Maison des Peintres, jusqu’au 23 septembre.

Une plongée fascinante dans le monde protéiforme des transhumanistes, qui oblige à la réflexion. Lire l'article qui lui est consacré: Zoom sur la photographie suisse à Arles

Olga Kravets, Maria Morina et Oksana Yushko: Grozny, neuf villes, Monoprix, jusqu’au 23 septembre.

Trois femmes photographes pour une immersion dans Grozny en neuf chapitres, celui des mâles pistolets à la ceinture, celui des femmes obligées de retourner à la cuisine après avoir tout assuré pendant la guerre, celui de la religion, du Kremlin ou du pétrole. Une exposition riche, qui donne à voir une réalité faite de multiples strates, culturelle, historique ou encore économique.

Ambroise Tézenas et Frédéric Delangle: Des sneakers comme Jay-Z, Magasin électrique, jusqu’au 23 septembre.

Proposer à des réfugiés de choisir des vêtements, leur demander d’expliquer leur sélection et de poser. Sherif porte une veste chaude parce qu’il fait froid dehors. Serge laisse ouverte la sienne pour montrer son t-shirt PSG, plaçant la mode avant le confort. Safi, lui, a opté pour un blouson avec plein de poches, comme à l’époque où il avait des choses à mettre dedans. Des témoignages bouleversants, qui disent énormément de l’exil, mais qui pointent aussi l’universalité.

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