Elle s’appela Byzance, avant de devenir Constantinople et enfin Istanbul. Et il fut un temps où l’ancienne capitale de l’Empire romain d’Orient puis de l’Empire ottoman était pour l’Occident la ville de tous les fantasmes, promesse d’un exotisme sensuel et d’une culture enchanteresse. Dans l’optique de la rendre facilement accessible depuis Paris, la Compagnie internationale des wagons-lits (CIWL), fondée en 1876 par un ingénieur liégeois, créait en 1883 l’Orient-Express. Voyager de Paris à Constantinople dans un train de luxe en un peu plus de 67 heures, l’idée symbolisait à la fois l’essor industriel européen de la fin du XIXe siècle et les envies d’ailleurs des classes aisées.

Depuis, l’Orient-Express est devenu un mythe. Et il le doit en partie à une femme: Agatha Christie, qui avec son roman Le Crime de l’Orient-Express, publié en 1934, «métamorphose définitivement le train en objet culturel», écrit Arthur Mettetal dans Orient-Express & Co, un beau livre publié chez Textuel et qui accompagne une grande exposition des Rencontres d’Arles, élaborée à partir des 130 ans d’archives de la CIWL, miraculeusement conservées alors que les multiples restructurations qu’a connues l’entreprise auraient pu les voir disparaître.