La sérénité millénaire des murs de Sainte-Sophie en aura peut-être été troublée, mais sûrement pas très surprise. Après tout, la basilique en a vu d’autres depuis le VIe siècle de sa naissance. Changements de nom, de foi, de statut: église, mosquée, musée, puis mosquée à nouveau. Le dernier en date a fait par ici l’effet d’une mauvaise surprise: voilà donc le bâtiment rendu au culte musulman, par un acte de volonté exprès du président turc. L’émoi est palpable à l’Ouest, quoique un peu diffus. Mais que peut-on vraiment reprocher à cette reconversion? Un croyant, quelle que soit son obédience, ne devrait-il pas se réjouir au fond de voir le majestueux édifice, dédié à la sagesse divine, enfin rendu au service de Dieu, au-delà du nom précis qu’on lui donne? L’Occident laïc se découvrirait-il soudain plus chrétien qu’il ne l’aurait cru, au point d’oublier ses principes d’ouverture?

Lire aussi: Sainte-Sophie se reconvertit en mosquée