éditorial

Rentrée littéraire 2015, suisse et féminine

Dès mercredi prochain, 589 romans vont déferler en librairie. Cet arrivage massif saisonnier s’appelle la rentrée littéraire. Curiosité exclusivement française qui entraîne dans sa ronde la Suisse et la Belgique, son plus grand charme est de placer le livre sous les feux de la rampe médiatique

Editorial

Rentrée littéraire 2015, suisse et féminine

Dès mercredi prochain, 589 romans vont déferler en librairie. Cet arrivage massif saisonnier s’appelle la rentrée littéraire. Curiosité exclusivement française qui entraîne dans sa ronde la Suisse et la Belgique, son plus grand charme est de placer le livre sous les feux de la rampe médiatique.

Plus habitué à la sérénité des rubriques et à la bonhomie des émissions tardives, voilà le livre hissé au sommet du prime time. De septembre à novembre, moment où les lauréats des prix littéraires sont annoncés, le livre et ses serviteurs, écrivains, éditeurs, libraires, journalistes et bibliothécaires, ne touchent plus terre. Et prennent des mines pénétrées d’initiés quand on leur demande: «Alors, cette rentrée 2015, un bon cru?»

Par-delà la fièvre annoncée, deux phénomènes se détachent. Cette rentrée 2015 sera très féminine et très suisse. Parmi les plus gros tirages, trois femmes font figure de locomotive. On ne voit pas de secteur culturel (théâtre, danse, arts plastiques, design, architecture) où des créatrices sont à ce point les meneuses du marché. Il s’agit ici de la Belge Amélie Nothomb, indétrônable avec 200 000 exemplaires pour chacun de ses livres, suivie par Delphine de Vigan, l’auteure du best-seller Rien ne s’oppose à la nuit et Caroline Martinez, avec La Terre qui penche . Les femmes sont aussi aux postes de décision. Là encore, on ne voit pas d’autres secteurs où les femmes réalisent le doublé création et direction. Teresa Cremisi, éditrice de Michel Houellebecq, a certes quitté son poste de directrice générale de Flammarion au mois de mai, mais les femmes demeurent en nombre. Responsables éditoriales dans les grandes maisons, éditrices, cette rentrée est le reflet de leurs choix. Qu’il semble loin le temps où Colette devait s’appeler Willy…

Et puis, cette rentrée sera suisse parce que Joël Dicker publie son nouveau roman, Le Livre des Baltimore , le 1er octobre et que plusieurs millions de lecteurs l’attendent. Phénomène éditorial de la rentrée francophone 2012, devenu best-seller mondial, le succès de La Vérité sur l’affaire Harry Quebert impose au Genevois de réussir ce deuxième match.

Suisse, cette rentrée l’est aussi par la qualité des titres proposés par les éditeurs romands, qui ont rarement autant joué le jeu de cette fête du livre. Plus libres parce que loin du centre, peut-être, les écrivains suisses, qu’ils soient édités en Suisse romande ou en France, osent. Ils chantent et ils s’amusent. Un très bon cru, décidément, cette rentrée 2015.

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