Tout en aluminium, le châssis Staro inspire dans un premier temps de la méfiance chez les artistes, habitués à des matériaux moins industriels. «Sauf les artistes femmes, qui n'ont pas ce genre de réticences», souligne leur fabricant. Chaque pièce a son fournisseur attitré, qui va de l'industrie de l'aluminium pour les profils à un artisan tessinois pour les clés de serrage. Dans sa liste de clients, Giorgio Staro indique non pas le titre des œuvres, mais leurs dimensions. «Je suis un technicien», dit-il. Parmi les utilisateurs de sa technique donc, citons John Armleder, Daniel Buren, Luciano Castelli, Günther Förg, Olivier Mosset, Kenneth Noland, ainsi que le Chaux-de-Fonnier Grégoire Müller ou encore Gottfried Tritten. Des toiles plus anciennes ont été transférées sur ces châssis de luxe, dont un très grand tableau de Cocteau, «Les Astronautes» (8 x 8,5 m, exposé à La Villette, à Paris), des œuvres de Willem De Kooning, James Ensor, Henri Matisse, Pablo Picasso, Robert Rauschenberg, Mark Rothko, Andy Warhol. Les plus grands musées sont aussi clients de Staro, dont la Galerie Thyssen-Bornemisza avant son déménagement du Tessin à Madrid, le Guggenheim Museum à New York, le Metropolitan Museum of Art de New York, le Modern Art Museum de Tokyo, le Musée National de Bruxelles ou encore l'Opernhaus de Zurich. Excusez du peu...