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Requiem pour la presse féminine

Dans les années 1970, l’essayiste Anne-Marie Lugan Dardigna publie «Femmes-femmes sur papier glacé», essai qui dénonce l’endoctrinement des magazines féminins, extraits d’articles à l’appui. Cet ouvrage truffé de pépites sexistes d’hier reparaît aujourd’hui, avec une préface inédite de la journaliste et essayiste Mona Chollet. Et ça pique…

«Evitez d’être brutalement compétitive… une femme excitée est ridée plus vite» (Vogue), «Les grandes avortées deviennent des cas pathologiques qui relèvent de la médecine psychiatrique» (Bonne soirée), «Soyez la plus belle et, s’il fait des comparaisons, dites-vous qu’alors elles seront toutes à votre honneur» (Votre Beauté)

Comme le souligne la journaliste Mona Chollet dans sa préface, le dépouillement de la presse féminine par Anne-Marie Lugan Dardigna est écœurant. Et démontre un «travail de sape continu […] de la moindre velléité́ d’audace, de révolte ou de changement». Cet essai, découvert au début de sa vingtaine, après une adolescence bercée par «le lyrisme creux» des féminins, a soufflé sur les braises de son esprit critique naissant. Et c’est peu dire qu’Anne-Marie Lugan Dardigna use de l’alcool à brûler, au mitan des années 1970, pour cet autodafé de la presse féminine, accusée d’asservissement à l’ordre patriarcal autant que marchand.