Livres

De la résilience des livres et autres forces de caractère

A Lyon, une exposition retrace le destin exceptionnel d’ouvrages sauvés in extremis des eaux, des guerres, de l’exil, de la censure. On y encense aussi leurs vies multiples

En ce lieu dédié aux livres rescapés du feu, de l’oubli et autres outrages, c’est étonnamment une vidéo qui d’emblée attire le regard. Un homme au visage doux raconte une histoire à la trame romanesque. Il s’appelle José Alberto Gutierrez, a longtemps été éboueur à Bogotá. Quand il se baissait pour ramasser les détritus, il prenait garde de mettre de côté «ce bel objet parfois à la dérive» qu’est un livre. Il en a saisi au total 25 000 depuis les années 1990, les a stockés ici et là, dans des caves, des entrepôts. S’est dit: «Ma ville possède 20 bibliothèques pour 8 millions d’habitants, pourquoi ne pas les distribuer?» Soutenu par quelques mécènes, l’éboueur a troqué le camion poubelles contre un bibliobus qui s’en est allé sillonner la capitale colombienne puis le pays. Jadis, sa mère lui lisait des histoires. En écho à ce souvenir d’enfance, José Alberto Gutierrez voulut étudier mais ne le put, faute d’argent. Itinérant, il délivre désormais le savoir.

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