On passe de rebondissement en rebondissement dans l’affaire de la restauration du Christ de Borja, cette peinture murale du XIXe siècle (Dieu soit loué…) qu’une restauratrice espagnole d’occasion avait spectaculairement défiguré fin août 2012.

C’est que la paroisse où a été commis le méfait n’a pas perdu le nord, et s’est empressée de changer en or le fruit très hasardeux des mains de Cecilia Gimenez : désormais, comme dans certaines des plus prestigieuses églises vénitiennes, l’accès au « Christ de Borja » est payant. Une vraie manne au sens quasi biblique, si l’on en juge par ce que les gabelous ecclésiastiques ont encaissé en quatre jours, comme nous l’apprend notre confrère El Correo: 2000 euros.

Dans un monde tétanisé par la célébrité instantanée, mais aussi par les revendications intempestives du droit d’auteur, le sang de Cecilia Gimenez n’a fait qu’un tour : on la voit donc aujourd’hui réclamer devant les caméras sa part du butin à la Fondation du sanctuaire de la Miséricorde. Ira-t-elle jusqu’à dénoncer la pieuse Fondation pour activités simoniaques ? Elle a remis, en tous les cas, la défense de ses intérêts d’auteur entre les mains d’avocats bien temporels. Diable: c’est qu’on ne plaisante pas avec la création, fût-elle humaine, trop humaine...