La suite est directe: on commence avec le procès du tueur identifié à la fin de la première saison. Ce Vendredi (Saint) 3 avril, trois jours avant France 2 et moins d’un mois après la conclusion en Grande-Bretagne, la RTS dévoile la deuxième saison de «Broadchurch». Un phénomène anglais

Portée par l’acteur David Tennant, à la popularité croissante depuis qu’il fut le dixième Dr Who, la première saison a surpris par son succès: 9,2 millions de téléspectateurs, un chiffre douillet pour ITV. En France, elle a même stupéfait les stratèges du service public, en moyenne 6,7 millions de fidèles, l’une des meilleures audiences de fiction pour la chaîne publique l’année passée. Exception en Suisse romande, où ces épisodes ont obtenu une audience inférieure à la moyenne de la case horaire.

Dans son premier chapitre, «Broadchurch» racontait l’enquête mise sur pied après la mort du jeune Danny Latimer dans une ville imaginaire sur une côte anglaise. Investigation menée par Alec Hardy (David Tennant), arrivé récemment, et qui traine un mystère lié à sa précédente affectation – ce pan-là revient en deuxième chapitre. Il doit collaborer avec Ellie Miller (Olivia Colman), qui visait son poste, et qui est une amie de la famille du garçon assassiné.

Un brin de poujadisme dramatique

Suspicion croissante et doutes multiples. Fort inspirée des récents succès danois, qui sont très populaire en Grande-Bretagne, la première saisons de «Broadchurch» a pu susciter quelques réserves au-delà de l’unanimisme ambiant. Les auteurs ont voulu frapper un grand coup, et cela se sent dans certaines options dramatiques. La montée des méfiances est parfois décortiquée avec finesse, mais elle acquiert une lourdeur qui dépasse le propos.

Surtout, le choix de l’assassin frise le poujadisme à force de maximiser le potentiel de choc émotionnel. Il fallait que ce soit la personnalité la plus frappante, la révélation la plus choquante, c’est le cas. Au point de constituer une surprise finalement empâtée.

Le savoir-faire anglais

Reste que le savoir-faire britannique est semblable à lui-même, et le feuilleton a conquis le monde. Sous le titre de «Gracepoint», avec David Tennant lui-même, une version américaine n’a certes pas connu un grand succès, mais cela ne refroidit par les producteurs. Les Français tournent leur propre version ces temps, jusqu’en juillet, en Corse.

Dans son pays, la deuxième saison a provoqué quelque remous et critiques, au motif d’une vision irréaliste de la justice. Elle forme une suite directe, donc, le créateur Chris Chibnall ayant été pris de court par le triomphe et la commande vite passée d’une deuxième livraison. A vérifier ces jours.