Classique

Le retour schumannien de Marek Janowski

L’ex-chef de l’OSR revient diriger à Genève à trois reprises dans la saison. Deux fois avec son ancien orchestre, puis une autre avec celui de Bâle. Retrouvailles

Depuis que Jonathan Nott a repris les rênes de l’OSR, il y a bientôt deux saisons, l’émotion et la volupté libérées ont gagné les pupitres. Marek Janowski, qui dirigea l’orchestre de 2005 à 2012, est invité à revenir pour deux concerts d’abonnement dévolus aux symphonies de Schumann. Mercredi soir, le chef allemand a remis le cap sur la rigueur, la précision, la grandeur, le solennel et l’avancée droite.

Cette direction sérieuse canalise la 1re Symphonie, dirigée par cœur, comme la 4e inscrite en deuxième partie de soirée. Pas de débordements printaniers dans cette œuvre qui célèbre le renouveau, mais plutôt la puissance d’un souffle maîtrisé, d’une énergie sourde et d’un mouvement toujours tendu vers l’avant.

4e symphonie plus contrastée

La dernière symphonie, plus aboutie et évoluée, ouvre sur l’exploration formelle. Elle convient mieux au sens du drame de Marek Janowski. Sa lecture se révèle plus expressive et contrastée. Le chef en connaît les effets et manie les tensions à la manière d’un grand artisan. En ramassant les élans qu’il lance en gerbes organisées, il offre à la partition de belles mouvances de vent dans les blés.

Le bonheur musical délivré par Wolfgang Emanuel Schmidt est d’un tout autre ordre. La plénitude définit ce violoncelliste au son projeté, ample et généreux et aux pianissimi de velours. Le célèbre Concerto du même Schumann prend avec lui des couleurs qui semblent infinies. Concentrées et à la fois irisées.

Un moteur musical

Le musicien sculpte la matière sonore dans la masse, à la manière d’un Rodin dont le grain râpeux de certains bronzes apporte une finesse lumineuse aux corps. La cadence inspirée montre aussi le soliste relanceur d’orchestre. Sa subtilité d’écoute et son énergie s’avèrent de véritables moteurs musicaux.

Wolfgang Emanuel Schmidt possède deux atouts majeurs: la baguette qu’il manie aussi avec talent et son Matteo Goffriller aux couleurs caramélisées. Il en joue avec la profondeur et la sincérité d’un Rostropovitch, son maître, et d’un Pablo Casals, dont il a donné avec ferveur Le chant des oiseaux en bis.

En 2016: Marek Janowski, un retour genevois très attendu

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