Cinéma

Retour vers le passé avec Nicolas Bedos

Dans «La Belle époque», Nicolas Bedos raconte comment un retraité éteint va revivre pour de faux le coup de foudre qui a changé sa vie

A l’approche de ses 70 ans, Victor (Daniel Auteuil) est le cliché du vieux con estimant que c’était mieux avant. Dessinateur n’ayant plus dessiné depuis longtemps, il ne comprend rien à ces histoires de streaming dont lui parle son fils, sa psychanalyste de femme (Fanny Ardant) le fatigue avec son obsession de refuser le vieillissement. Bref, Victor est totalement éteint. Fatiguée de tenter de rallumer la flamme, Marianne va, un beau jour, après lui avoir annoncé qu’elle avait un amant, le mettre à la porte.

Lorsqu’il va se voir offrir la possibilité, via une agence spécialisée dans les reconstitutions historiques, de se retrouver dans l’époque de son choix, il va choisir de revivre, en mai 1974, le coup de foudre ressenti lors de sa rencontre avec Marianne. Dans un décor de carton-pâte rappelant le cinéma des années 1940-1950, une comédienne va incarner l’être aimé mais perdu.

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Après une laborieuse et confuse séquence d’exposition de quinze minutes, La Belle Epoque, deuxième long métrage de Nicolas Bedos, trouve peu à peu son rythme. Mais pour se laisser emporter, encore faut-il faire fi des incohérences inhérentes à un scénario surécrit. Au-delà de ce sentiment universel qu’est la nostalgie, et qu’il célèbre assez joliment, le film vaut surtout par la qualité de son casting et la manière dont il défend l’idée que cet art de la reconstitution qu’est le cinéma possède de formidables vertus thérapeutiques. Deux ans après Monsieur & Madame Adelman, ou quarante-cinq ans de vie d’un couple explosif, Bedos prouve avec cette deuxième réalisation qu’il a un ton bien à lui.


La Belle Epoque, de Nicolas Bedos (France, 2019), avec Daniel Auteuil, Fanny Ardant, Guillaume Canet, Doria Tillier, Denis Podalydès, Pierre Arditi, 1h55.

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