Depuis septembre, pour sa quatrième saison, Grey's Anatomy bat ses propres records d'audience aux Etats-Unis, son pays. Cette savoureuse série sentimentale à l'hôpital est due à Shonda Rhimes, femme - et Noire, de surcroît.

Les Américains eux-mêmes thématisent peu cette évolution, mais l'inexpugnable bastion masculin qu'est la fiction télévisuelle vacille. Le triomphe de Shonda Rhimes, seule aux commandes de sa série, est la face la plus visible de la révolution féminine. Parmi les équipes du producteur Jerry Bruckenheimer, le feuilleton à succès Cold Case est dû à Meredith Stiehm, tandis que des femmes sont aussi bien présentes dans la production et l'écriture des Experts. Couronnée par un prix Emmy, Kenji Kohan a défendu la courageuse Weeds, vue cette année sur TSR1, dans laquelle une jeune veuve fait tourner son foyer en vendant de la marijuana.

Autre audace visionnée cette année, celle de la Canadienne Zarqa Nawaz qui, avec La Petite Mosquée dans la prairie, dynamite les clichés entre communautés religieuses.

La France n'est pas en reste. Entre autres, au printemps, les amateurs étaient surpris par ce pari risqué qu'est Tropiques Amers, évocation de l'esclavage en Martinique, pari réussi par la productrice Elizabeth Arnac, la scénariste Virginie Brac et l'historienne Myriam Cottias. Une domination de près de cinquante ans tombe enfin.