Jessica Meller

Voyage sur un banc

Zoé, 150 p.

De son début à sa fin énigmatique, le récit-confession de Jessica Meller, Neuchâteloise de 17 ans, séduit et exaspère. Normal: la narratrice est une adolescente qui passe sans cesse de l'exaltation la plus grande au désespoir le plus profond, sans faire la distinction entre ses rêves et une réalité que, le plus souvent, elle déteste. «Elle» s'y exprime dans de courts fragments, comme vue de l'extérieur, ou dans de longs dialogues avec un interlocuteur qui peut être aussi bien un inconnu, un psychiatre ou son propre double.

Ce qui la caractérise est un mélange de révolte et de naïveté, qui se traduit par d'incessantes questions sur ce qui l'entoure, le sort de la planète et le sens de la vie. Questions sans réponses que ni son passé douloureux (un internement, un viol, la mort de son ami) ni son présent (elle vit solitaire et se drogue) ne peuvent l'aider à résoudre. L'aspect onirique et obsessionnel du récit est souligné par l'absence de points de repère concrets et par une écriture qui use beaucoup de la répétition, à propos de mots toujours significatifs comme: détruit, encore, nuit, froid, mourir, peur, soleil, pleurer… Cela dans de petites phrases courtes, juxtaposées, qui font place dans l'évocation d'un trip à de longues périodes de plus de deux pages.

L'écriture est du reste la seule chose au monde à quoi «Elle» se raccroche: «J'écris. Parce que les phrases me viennent. Parce que je veux laisser des traces. J'écris. Toujours. […] J'écris des arbres, des mondes, des soleils.»

«Voyage sur un banc» sera en librairie le 21 mars.