L’héroïne des Printemps sauvages grandit au bord d’un lac, lape l’eau et observe les grenouilles. Elle fuit avec sa mère à travers les blés, s’installe dans une ville, puis dans une forêt, avant d’aborder l’île (imaginaire) de Locla-yom. On la suivrait au bout du monde, cette adolescente devenue femme, porté par l’écriture charnelle de Douna Loup, par cette langue rythmée et ondoyante qui coule comme une rivière.

Si ce roman raconte une histoire (le passage de l’enfance à l’âge adulte), c’est avant tout une utopie sensuelle, la proposition d’une nouvelle façon d’être au monde qui passe par la joie et par le corps. Les Printemps sauvages fait partie de ces rares romans sous-tendus par une vision globale du vivant, en partant du plus petit, par exemple l’observation de l’accouplement des cétoines dorées, ou le chant des grives musiciennes.