La prairie a recouvré ses nuances vert tendre, et les drapés verts, rouges et bleus des vêtements des personnages tout leur éclat originel. Au fond de la composition, des clochers de la ville de Gand et la tour d’Utrecht, qui avaient été enfouis sous les repeints, sont réapparus, tout comme les minuscules sommets enneigés. L’Agneau mystique a, quant à lui, retrouvé ses traits anthropomorphes. Eclaboussé par les rayons d’un soleil d’été, généreux et joyeux, l’animal, figure symbolique du Christ qui donne sa vie pour racheter les péchés de l’humanité, fixe désormais le spectateur d’un regard intense.

Adieu les vernis jaunis et les anciens repeints dont certains remontaient à une première restauration entreprise au XVIe siècle par Lancelot Blondeel et Jan Van Scorel – d’autres, beaucoup plus récents, à 1951. Depuis la fin de la restauration, entreprise entre 2012 et 2019 par l’Institut royal du patrimoine artistique, une explosion de couleurs vives et lumineuses illumine le panneau central du retable de L’Adoration de l’Agneau mystique.