Télérama

«Taxi change de réalisateur mais pas de formule: Samy Naceri affole toujours les radars au volant de sa Peugeot 406 modifiée, et Frédéric Diefenthal, le flic sympa, se laisse affoler par sa collaboratrice aux faux airs d'Ophélie Winter. L'alternance rapide de scènes de comédie et de courses-poursuites devrait ravir les aficionados du premier volet. A y regarder de plus près, on s'interroge toutefois sur la frontière entre la blague potache qui fait mouche et le rire beauf qui pèse des quintaux. […] Rapportés à la virtuosité des séquences spectaculaires, les dialogues paraissent cette fois rudimentaires. Les personnages en pâtissent, qui ne doivent leur charme qu'aux interprètes. Or cette carence n'est pas inhérente au genre – voir 48 Heures, de Walter Hill, qui mêlait avec brio humour et action. Si d'aventure un Taxi 3 se prépare, rien n'interdit d'y faire souffler un peu de fraîcheur et d'esprit…» (Louis Guichard, N° 2620, du 1er au 7 avril 2000)

Le Monde

«Le monde de Taxi a changé. Le premier épisode, réalisé par Gérard Pirès, était un sympathique bâtard que toute la France a voulu adopter. Dans sa généalogie compliquée, on trouvait les piliers du polar rigolard français – Lautner et Audiard – et Luc Besson (scénariste et producteur des deux épisodes) qui avait apporté son obsession du cinéma français à l'américaine (à moins que ce ne soit le contraire). Sorti en avril 1998, triomphant tout le printemps et tout l'été de cette année-là, de France-Koweït à France-Brésil, le film avait puissamment contribué à donner un fort accent marseillais à la bonne humeur du moment. […] Que reste-t-il de cette euphorie? Disparus les livreurs de pizza, les clins d'œil en direction de la jeunesse des banlieues. Daniel prend bien le temps d'expliquer à quel point la police française est pourrie à un policier japonais. Mais c'est pour passer tout le reste du film à collaborer avec les forces de l'ordre. […] Délivré de la sociologie, le film peut trouver sa vraie nature, l'incohérence érigée en système.» (Thomas Sotinel, 29 mars 2000)

Première

«Wouaah, la marrade. Hyperactif, ce 2 est un parfait produit de divertissement. […] Le scénario, signé Luc Besson, a mêlé poursuites et bagarres avec des relances burlesques […] dans une joyeuse confusion des polices et des ministères, tous ridiculisés et accommodés à un poujadisme franchouille façon bidasse («regarde Arte, ça va te calmer») où le mot «niak» sur les Japonais revient trop souvent, «complaisanterie» un rien goujate pour un film qui puise beaucoup de sa vitalité dans l'esthétique du cinéma asiatique. […] De multiples caméras. De multiples cascades. De multiples gags. La vieille notion d'un «point de vue de mise en scène» est donc ici annulée par le fait que le film les a tous. […] Bref, c'est du cinéma où la nécessité d'attraction emporte tout. Un cinéma français où la France est compressée de Marseille à Paris […], par une fabrication «à l'américaine» où la visée du «produit de grande consommation» impose sa loi.» (Jean-Jacques Bernard, N° 278, avril 2000)

Les Inrockuptibles

«Résurrection programmée du cinoche du samedi soir «à la française», Taxi 2 est aussi un instantané à peu près exhaustif de la culture beauf d'hier et d'aujourd'hui. Entreprise de divertissement cocardier et rigolard, le film va jusqu'au bout de son ambition populaire en donnant la vedette à deux seconds rôles déchaînés: Bernard Farcy et surtout Jean-Christophe Bouvet, l'acteur fétiche de Vecchiali et Biette, très à l'aise dans cet exercice de grand écart «farcesque», qui offre par sa formidable présence la seule surprise et le véritable mouvement de délire de cette suite en conduite automatique.» (Olivier Père, N° 236, du 28 mars au 3 avril)

Libération

«Si Taxi 2 n'était qu'un gentil délire insouciant, ça nous irait. S'il était simplement puéril aussi. Uniquement régressif, encore mieux. Mais Taxi n'est pas que ça: il donne souvent le sentiment de viser au plus bas, au plus pressé et à l'économie. Bref, il n'y a pas là la matière d'un débat cinéphile. La seule question piquante à propos de Taxi est celle que se pose le milieu professionnel du cinéma, avec lequel les relations de Luc Besson l'indépendant ont toujours été orageuses, ce «Taxi-bis» va-t-il taxer une deuxième fois le public français et dans les mêmes proportions? Les fameux hold-up au box-office du wonder-boy local fascinent largement autant que ses films, et Taxi n'est que la sentinelle avancée d'un programme copieux des productions Leeloo, maison que Besson a fondée et dirige. […] C'est donc vers Taxi que les yeux d'un business jaloux, envieux et éventuellement admiratif se tournent: une telle chose sera-t-elle capable de redresser la part de marché du cinéma français, bien mal en point en ce début 2000?» (Olivier Séguret, 29 mars 2000)

L'Hebdo

«Sans mentir, y a des tas de trucs super bien dans ce film: un super taxi qui peut voler comme un avion, avec un tableau de bord électronique de la mort; une super blonde au cheveu court avec des méga jambes de top model, et qui fait du karaté super bien; des courses de bagnoles de la super mort dans Marseille et dans Paris, avec la caméra au ras du bitume pendant super longtemps. Mais le meilleur, le top du super, c'est les gags. Par exemple, y a des mecs de la brigade antigang de France, qui sont super cons, et qui doivent apprendre comment on dit «bonjour» en japonais (en vrai ça se dit konitchiwoua). Et alors leur chef, pour bien leur apprendre, il écrit sur un tableau «Con nichon aah!». Ecroulé de rire. Et des super blagues comme ça, y en a toutes les minutes. Sans mentir.» (Pierre-Louis Chantre, N° 13, 30 mars 2000)

Extraits choisis par Vincent Monnet