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Revue de presse. Naipaul, Nobel controversé

Revue de presse

V. S. Naipaul, écrivain britannique d'origine indienne, a reçu la semaine dernière le Prix Nobel de littérature 2001 (LT du 12 octobre), devenant ainsi le deuxième Anglais à l'obtenir depuis William Golding en 1983. La cérémonie de remise des récompenses aura lieu le 10 décembre à Stockholm, marquant aussi le centenaire des Prix Nobel.

Corriere della sera

Milan, 12 octobre 2001

Une gifle pour l'islam

«S'ils voulaient faire du tapage, les académiciens de Stockholm ne pouvaient choisir un nom plus «bruyant»: ils ont attribué le Prix Nobel de littérature à V. S. Naipaul, […] donnant ainsi une gifle à l'islam, en pleins bombardements sur l'Afghanistan. Non que les choix politiques soient nouveaux pour les impertinents juges suédois, inspirés par la progression socio-démocrate. Mais cette fois, ils ont mis les pieds directement dans une guerre, car l'hostilité de Naipaul pour l'islam est ancienne et connue: l'écrivain justifie, avec le poids de la culture, la méfiance que les gens (gouvernements compris) montrent vis-à-vis des musulmans.» (Alessio Altichieri)

Libération

Paris, 12 octobre 2001

Nobel d'un monde refait

«Cela fait des années que son nom est cité pour le Nobel», disait son éditeur à la Foire de Francfort. «Mais ses amis pensaient qu'à cause de remarques acerbes, notamment vis-à-vis de certains écrivains britanniques, on ne lui donnerait jamais le prix. Généralement, l'académie suédoise décerne le prix à un auteur plus consensuel.» […] Ce sont ces contradictions qui rendent si passionnante l'œuvre de Naipaul, défini par les jurés de Stockholm comme un «écrivain cosmopolite», un «tourdumondiste littéraire». […] Son dernier ouvrage, traduit en français, est un constat sans appel: «Il n'y a probablement jamais eu d'impérialisme comparable à celui de l'islam et des Arabes, des peuples convertis n'est exigée que la foi la plus pure (si une telle chose est accessible): l'islam, la soumission. De toutes les formes d'impérialisme, c'est la plus intransigeante.» L'impavide observateur des convulsions du monde ne cherche pas à se faire des amis.» (Antoine de Gaudemar)

The Independent

Londres, 12 octobre 2001

Un travail sans compromis

«L'académie suédoise qui préside le cercle littéraire le plus célèbre du monde dit que Sir Vidia a été choisi pour sa «vision méticuleuse dans des œuvres qui nous incitent à voir la présence d'histoires dissimulées». […] Il juge Tony Blair et son gouvernement comme des barbares intellectuels et discrédite d'autres écrivains du monde post-

colonial – notamment Salman Rushdie – déclarant qu'il n'a pas eu le temps de les lire.» (Louise Jury)

Le Monde

Paris, 13 octobre 2001

Romancier de combat

«Les propos sur l'islam que tient V. S. Naipaul ne vont pas manquer – surtout à l'aune de la situation internationale actuelle – de susciter la condamnation des intellectuels du monde arabo-musulman. […] Dans son dernier ouvrage, Naipaul développe une réelle compassion à l'égard de l'Inde. Sa vision va désormais bien au-delà des impressions liées à un retour aux sources de sa culture. […] Mais, aujourd'hui, tout se passe comme si, pour Naipaul, la priorité de l'Inde était de gommer ou atténuer les effets des sanglantes conquêtes des cavaliers d'Allah dans le sous-continent. Ce qui l'autorise désormais à fustiger tous ces intellectuels et écrivains indiens qui «ne connaissent pas leur passé». Et se sont coupés de leurs racines…» (Bruno Philip)

Kayhan International

Téhéran, 16 octobre 2001

Critiques contre le comité Nobel

«Le fait de décerner ce prix à l'un des écrivains les plus anti-islamiques de notre époque, quelques semaines après les attaques de New York et Washington, a des relents d'islamophobie. […] Un écrivain comme Naipaul n'a fait que semer du venin et de la haine à l'encontre des musulmans, et par conséquent il ne mérite de recevoir aucune marque d'approbation en cette année 2001. [En décernant le Nobel à] «un auteur qui a dénigré les musulmans», [l'Académie a voulu] se joindre aux vagues islamophobiques [qui ont suivi les attentats du 11 septembre]. […] Il aurait été dans l'intérêt du comité du Prix Nobel de décerner le prix à un auteur ou poète qui a travaillé dur pour la cause de l'amour et de la compréhension entre toutes les cultures et les religions.»

(Cité par l'AFP)

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