Entretien

La Ribot: «J'ai toujours été distinguée»

Artiste merveilleusement excentrique, la danseuse d’origine madrilène vit un automne de fauve. Tandis que le Festival d’Automne à Paris la célèbre, l’Office fédéral de la culture l’honore du Grand Prix suisse de la danse

Tellement distinguée, cette femme-là. Maria Ribot fond sur vous comme une archiduchesse de carnaval tombe de son cheval. Son automne est une fantasia. En Suisse, où cette Genevoise d’adoption, Madrilène de naissance, recevra jeudi prochain à Fribourg le Grand Prix suisse de la danse, décerné par l’Office fédéral de la culture. A Paris, où le Festival d’Automne, rendez-vous du gotha artistique européen, lui consacre une rétrospective retentissante.

Elle arrive donc à bride abattue dans les locaux haut perchés qu’elle partage, au bord du Rhône à Genève, avec les chorégraphes Foofwa d’Imobilité et Gilles Jobin. Vous l’imaginiez carbonisée par des semaines frappadingues où elle vient d’enchaîner un spectacle au Théâtre de Vidy – Please, Please, Please, en compagnie de la danseuse Mathilde Monnier –, et la reprise au Centre Pompidou de son hallucinant Panoramix, quelque 34 Pièces distinguées, jouées en solitaire et en cascade au milieu des spectateurs.