Il vaut la peine ce soir de rester devant sa télévision pour une rencontre. Oui, même par écran interposé, La Ribot a une telle présence qu'on a encore l'impression de la rencontrer. C'est aussi le mérite de Luc Peter, réalisateur de ce documentaire sur l'artiste espagnole installée à Genève, qui travaille à la frontière de la danse, de la performance et des arts visuels.

Il n'y a pas de scène dans les 34 solos drôles ou/et violents, que La Ribot a réalisés depuis 1994, réunis sous le nom de Panoramix. Elle est là, au milieu des spectateurs, tel un objet dans un espace d'exposition. Nue souvent. «La nudité est ce qu'il y a de plus violent pour les gens. Mais en fait, c'est ce qui me rend intouchable», explique-t-elle. Luc Peter a filmé 14 de ces petites formes qui, sur dix ans, témoignent d'une recherche suivie. Entre deux, La Ribot ouvre ses cahiers de notes, parle de ses buts, de ses méthodes. Du ballet qui, lorsqu'elle était enfant, lui a mis dans la tête qu'elle irait habiter Moscou pour danser.

La Ribot distinguida, RSR2, ve 1er oct. à 23 h.