Le Temps: Le programme du premier concert de Divonne est placé sous le signe de «Rome, 1707-2007». Que cachent ces dates?

Riccardo Minasi. Cette année, on célèbre les 300 ans de la venue à Rome de Haendel. C'est un événement plutôt important que nous honorons en jouant un Concerto grosso de Corelli, deux pièces de Haendel, une Cantate de Scarlatti composée durant son séjour dans la ville et un Concerto du même compositeur qui établit un lien entre Rome et Londres, puisque la pièce a été vraisemblablement exportée en Angleterre par des élèves de Corelli.

- Vous avez pris, depuis cette année la direction de l'Accademia Ottoboni. Quel cap artistique voulez-vous lui donner?

- Ce groupe, qui est à géométrie variable, s'appellera Musica Antiqua Roma ce qui nous rendra plus facilement reconnaissable. Notre attention se concentrera sur le répertoire romain, celui de Corelli et de ses élèves en particulier. Mais il y a aussi un répertoire de musique instrumentale des XVIe et XVIIe siècles qui n'a jamais été joué et qui est conservé dans les archives du palais Alten à Rome. C'est un fond très riche, avec des pages d'élèves de Palestrina et d'autres compositeurs peu connus.

- Dans l'approche à la musique ancienne et baroque, qu'est-ce qui a changé par rapport à la première vague de défricheurs d'il y a une trentaine d'années?

- Ce mouvement est né comme une révolte habitée par pas mal d'extrémismes. Il y a eu ensuite une fossilisation qui a donné lieu à un jeu stéréotypé. Nous essayons de reprendre le fil d'une recherche qui s'est interrompue. On travaille beaucoup sur le type d'instruments à utiliser, sur la tension qu'il faut donner aux cordes, sur l'articulation musicale.

Du 26 mai au 10 juin. (Loc. 0033/450 40 34 16). http://www.festival-de-divonne.com