A Londres, des malfrats sont en train de dévaliser en entrepôt, lorsque «The Sweeney», une unité d’élite de la police criminelle, leur tombe sur le râble, batte de base-ball dans une main, gun dans l’autre. Regan, un dur de dur, et ses hommes leur mettent une pâtée mémorable et les arrêtent – non sans avoir empoché quelques lingots en guise de bonne main. La police des polices vient enquêter sur «The Sweeney»; Regan, il n’aime pas qu’on lui marche sur les pieds. Ça va barder.

The Sweeney, de Nick Love, c’est un peu les Ripoux remaké par Christopher Nolan. Même noirceur, même violence, même pompiérisme symphonique que du côté de Batman. Là s’arrêtent les ressemblances. Car, l’homme chauve-souris pose quelques questions sur le sens de la démocratie, quand Regan porte l’étendard d’une civilisation retournant voluptueusement à la loi du talion, à la puissance du gourdin, à l’obscurantisme bourrin. On cogne, on baise pour vider le trop plein de testostérone, on défouraille sur les bandits, on tabasse les suspects – boule de billard dans la gueule, canon de pistolet fourrageant dans une blessure, balle dans la main… Enfin ce beau monde échappe aux lois de la pesanteur et de la physiologie humaine: ils peuvent se crasher à 200 km/h, se faire shooter par une automobile, ils s’en sortent avec quelques éraflures.

L’intrigue est sans intérêt, seule l’action compte. Obsessionnel compulsif, Regan va jusqu’au bout de sa vengeance personnelle. Radié de la police, il retrouve finalement sa plaque, au grand dam de l’inspecteur de l’IGS, ce cloporte. Le pâle fonctionnaire est vaincu par l’homme de terrain, le légaliste défait par la brute – mouvement exactement contraire à celui qui portait L’Homme qui tua Liberty Valance. Toujours ripou, mais libre et honorable, Regan roule vers d’autres castagnes.