Théâtre de rue – Saint-Maurice

Le rire plus fort que le drame à l’abbaye

Pour les 1500 ans de la fondation de l’abbaye de Saint-Maurice, Cyril Kaiser a conçu une fresque itinérante en plein air qui ne désemplit pas. Les séquences comiques fonctionnent mieux que les moments solennels

Critique: «Des Hommes et des siècles», Saint-Maurice

Le rire plus fort que le drame à l’abbaye

L’abbaye de Saint-Maurice n’a pas que son trésor à faire valoir. Elle a aussi, depuis le 11 août, un spectacle commémoratif qui cartonne. Des Hommes et des siècles , de Cyril Kaiser, est une fresque itinérante qui relate sur le mode historique et humoristique l’épopée de ce lieu fondé il y a 1500 ans (LT du 30.07.2015).

Chaque soir, cette ronde poétique ressuscite des figures célèbres comme saint Louis ou Napoléon et draine sa centaine de fidèles de l’église Saint-Sigismond à la basilique. Une traversée de la ville animée, joyeuse, mais aussi ambitieuse. Peut-être un peu trop. Les passages historiques, denses et soutenus, lassent parfois, quand les séquences improvisées situées à notre époque passionnent toujours.

Prudence Hofstettler. C’est, pour cette création en plein air, le nom de Nicole Bachmann et ce nom restera. Pourquoi? Parce que son personnage de guide passionnée fait fondre Cyprien Gay-Balma. Un habitant de Vérolliez, pur produit du terroir et terriblement attachant, dans lequel se glisse Pierre-Isaïe Duc avec tendresse et talent. A ce duo d’enfer en milieu sacré s’ajoute Marie-Ange, venue exprès du Burkina Faso pour fêter le jubilé. La très solaire Safi Martin-Yé insuffle sa joyeuse énergie à cette groupie. Mais ce n’est pas tout. Dans ces interludes plus ou moins improvisés, s’illustre encore Sœur Claudia, religieuse des Sœurs de Saint-Augustin, qui tient son propre rôle et recadre Prudence lorsque la belle s’emballe.

On l’a compris, ces intermèdes sont des bijoux de finesse et de drôlerie. Les scènes savantes sont plus difficiles à négocier. D’autant que, dans la première, le trait tragique est trop souligné. Tout de même, on suit avec intérêt l’infanticide du roi Sigismond en 522, le duel burlesque entre Eudes le Bourguignon et Conrad le Germain, cinq siècles après. Plus tard, on compatit à la peine de saint Louis et on se réjouit du tour joué à Napoléon. Des figures auxquelles Vincent Babel et Joël Waefler donnent une belle dimension. Quant au final, mystique, il délivre sa dose de frissons.

Des Hommes et des siècles, jusqu’au 6 sept., 024 485 40 40, www.abbaye1500.ch

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