Sur le papier, on est preneur: un premier film réalisé dans les rues de Bruxelles et qui réunit, à mi-chemin, Espagnols et Ukrainiens paraît plutôt bien parti pour refléter les nouvelles réalités de l'Europe. Confronté au résultat, il faut pourtant se rendre à l'évidence. Soit le scénario a d'emblée manqué d'envergure, soit 25 degrés en hiver s'est égaré en cours de route, à force de courses-poursuites dans tous les sens.

Plaqué par sa femme partie chanter aux Etats-Unis, Miguel est le père largué d'une petite fille, employé à l'agence de voyages de son frère. Un jour, alors qu'il est en route pour livrer des billets, il embarque Sonia, clandestine à la recherche de son mari émigré pour gagner sa vie. Même débordé, il va accepter de l'aider, escorté par la petite Laura et par sa propre mère, l'envahissante Abuelita. Et c'est parti pour une folle équipée, en quête d'un bonheur insaisissable qui ne serait autre qu'un minimum de cohésion familiale.

Douce-amère, la comédie prête à sourire plutôt qu'à rire. Mais son manque de cohérence frappe dès le casting, avec Jacques Gamblin dans un rôle qui semble crier Sergi Lopez. Parfois inventive, parfois bâclée, la mise en scène est à l'avenant, soulignant les limites de ce film sympathique, mais trop débridé pour bâtir quoi que ce soit. Trop tôt pour la grande Europe, trop tard pour la famille? Comment cette esquisse a pu se retrouver en compétition d'un festival majeur reste un mystère.

25 degrés en hiver, de Stéphane Vuillet (Belgique/France/Espagne 2004), avec Jacques Gamblin, Ingeborga Dapkunaite, Carmen Maura, Raphaëlle Molinier, Lubna Azabal.