«Mon ambition? Donner aux ados l’envie d’aller au théâtre»

Questions à

«Je suis en quête de révélation, depuis l’enfance.» L’acteur Robert Bouvier vous dit ça en feuilletant le programme de la nouvelle saison du Théâtre du Passage, cette maison qu’il dirige à Neuchâtel depuis 2000, mais oui, ça fait quinze ans. Dans un flash, l’artiste se rappelle Porporino, ce film inspiré d’un livre de Dominique Fernandez qu’il réalise à l’âge de 17 ans. L’affiche 2015-2016 du Passage lui ressemble: danse, opéra, humour, elle fait feu de toute expression.

Le Temps: Quel est le spectacle que vous recommanderiez à l’ami qui ne va pas au théâtre?

Robert Bouvier: Coup fatal, cette pièce du chorégraphe belge Alain Platel – le 9 décembre. Treize musiciens de Kinshasa interprètent Monteverdi, Händel et Vivaldi, mais aussi une rumba congolaise. J’ai découvert la pièce au dernier Festival d’Avignon. Le soir où j’y étais, le spectacle a été interrompu par l’orage. A la fin, le public était debout. Une telle force de vie, une telle délicatesse transportent.

– Que voulez-vous améliorer?

– L’accès des adolescents et des écoles au Passage. Nous ouvrons déjà nos répétitions au public, nous proposons aussi des visites mises en scène, avec des démonstrations techniques. Mais je voudrais faire plus pour que les jeunes aient envie de voir des spectacles. Le théâtre peut donner un élan, du courage pour faire face à la vie.

– Avec votre troupe, la Compagnie du Passage, vous présenterez «La Cerisaie» de Tchekhov, les 22 et 24 octobre. Pourquoi Tchekhov?

– C’est un bonheur, je n’ai jamais joué Tchekhov. C’est le Français Gilles Bouillon qui signe la mise en scène, le spectacle va se jouer chez nous, puis en France, une soixantaine de dates. Chaque année, la Compagnie du Passage tourne trois ou quatre spectacles, c’est une fierté!

– Quand vous avez pris la direction du Passage en 2000, vous pensiez que l’expérience serait brève. Et aujourd’hui, vous tenez toujours le timon…

– Je le fais avec conscience. Je n’ai pas de famille, ma vie est au théâtre. J’ai la chance de jouer beaucoup, mais ce n’est pas incompatible avec la direction d’un théâtre, au contraire. Je continue d’apprendre. Je me sens toujours en métamorphose, comme dans Le poisson combattant, cette pièce de Fabrice Melquiot que je vais interpréter dès samedi à Avignon. Le théâtre m’aide à grandir .

Rens. www.theatredupassage.ch