Spectacle

Robert Bouvier: «Je voudrais que mon corps joue tout seul»

Acteur lyrique toujours marquant, l’artiste neuchâtelois a passé un pacte avec le Festival d’Avignon, où il triomphe ces jours. Il se raconte d’une aube à l’autre

A l’heure où les carmélites dialoguent avec les cieux, Robert Bouvier arrive porté par le vent. Il est 9h30 à Avignon et on dirait l’aube. Sur la place des Carmes, où règne la pierre blanche d’un cloître devenu, pour des générations, un théâtre légendaire, le mistral rudoie les platanes. Le comédien neuchâtelois Robert Bouvier, lui, avance sa silhouette de chartreux stendhalien, façon Fabrice del Dongo, au milieu des terrasses encore désertes.

Avignon est sa cour des miracles, son ermitage, sa danse, sa félicité. Il y triomphe ces jours dans Nous, l’Europe, banquet des peuples, cette ode à des printemps perdus que l’auteur Laurent Gaudé voudrait voir reverdir. Chaque soir, à la fin de l’épopée, des centaines de spectateurs dansent sur Hey Jude des Beatles. C’est un hymne à la joie, l’un des grands moments du festival in.